PIERPOLJAK ("Général Indigo") 05/12/15 Paris : compte rendu

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PIERPOLJAK ("Général Indigo") 05/12/15 Paris : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mer 17 Fév - 2:54




Nouvelle page spéciale 100 % inédite

« Chronique de l’album “GÉNÉRAL INDIGO” de PIERPOLJAK

+ concert du 5 décembre 2015 à LA MAROQUINERIE (Paris) »

en ligne sur ce lien à copier-coller :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/PIERPOLJAK%2C-album--g-GENERAL-INDIGO-g--%2B-concert-le-5-decembre-2015-a-LA-MAROQUINERIE--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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PIERPOLJAK

Album “Général Indigo” (2015)

+ concert le 5 décembre 2015 à La Maroquinerie (Paris) :


“Général Indigo” de Pierpoljak est un grand album de chanson reggae dub street rock à la française (1). Avec de solides mélodies, de la musicalité, une production chaleureuse et soignée.

Neuf chansons (sur douze) sont formidables : “Une épée suspendue” (avec un style d’écriture zen proche de celui de Tai Luc de La Souris Déglinguée), “Un homme malheureux”, “Puta Vida Loca”, “Sérieux merdier”, “Le reflet dans le miroir”, “Je te tuerai”, “Automne à Paris”, “Amusons-nous” et “Pour moi, c’est déjà légalisé”. Leurs musiques sont construites de façon imparable. Les textes, sobres et percutants, visent en plein cœur.

Le thème de “Pour moi, c’est déjà légalisé” est d’une banalité atterrante : la fumette, la “weed”. Les cigarettes auxquelles des millions de Français sont accros pour avoir l’air cool et jeunes. Tous ces machins qui font super mal à la tête, même quand on les sent à une dizaine de mètres. Le folklore habituel et exténuant du reggae. Au secours.

Par contre, les mots et phrases de Pierpoljak ainsi que sa façon de les chanter/scander font tout l’intérêt de ce morceau. Tout comme la musique reggae rock entraînante. Bonus, l’air de rien, il joue aussi sur l’assemblage provoc’ de mots, mais dans un bon esprit : « Les champions de France du cannabis (soupir, ND FG) / Vont bientôt faire fumer la police »

Vocalement, Pierpoljak possède un style chaloupé, décontracté, sauvage, relax, à l’affût, prêt à bondir (c’est une image) à chaque vers. Il a un ton vocal très garnement de la rue ayant pris de la bouteille et trois décennies de plus.

Les paroles en français font que l’on accroche illico. Cela ne serait pas le cas s’il chantait en anglais. Et ce même si les instrumentaux étaient exactement les mêmes.

Durant ces quarante-cinq minutes, on baigne dans un esprit rocky authentique, reflétant la personnalité de Pierpoljak. Avec une identité francilienne (et hexagonale), ouverte sur le monde, aux autres et à plein de styles différents.

« J’aime le blues et le rock’n’roll »,
clame-t-il dans “Rub a Dub Music” : cela se se ressent tout au long du disque. Mais précisément pas sur ce morceau, l’un des trois titres reggae normaux, sans surprises, linéaires, endormants, avec “Keep On Dada” et “Papa du week-end”. Même si cette chanson-là est la préférée de Pierpoljak, pour ce qu’il décrit dans le texte (la garde partagée des enfants d’un couple séparé).

Avec “Général Indigo”, Pierpoljak laisse tomber l’armure du bonhomme viril mais cool (ou vice versa) et invincible. Les péripéties de sa jeunesse, les joies, bonheurs et tourments de sa vie d’adulte, les remises en question après les coups durs : Pierpoljak regarde tout cela, d’« un simple coup d’œil dans un rétro » (“Le reflet dans le miroir”). Avec lucidité, apaisement. Peut-être aussi des regrets concernant de mauvaises actions (« Quand on voit comme on a vieilli / On comprend que c’est fini, les conneries »).

Il est conscient de ce à quoi il a échappé (“Une épée suspendue”) et de la chance qu’il a d’être en pleine forme, heureux de vivre. Comme ce 5 décembre 2015 à La Maroquinerie.

Pierpoljak est accompagné par un solide groupe 100 % live, Honorable Band, au son massif et précis : batteur, clavier, bassiste, guitariste rude rock, deux choristes femmes et, pourquoi pas, un gars au tambourin.

Une heure cinquante de concert aussi convaincant et réussi que cet album. “Une épée suspendue”, le pas indispensable “Keep on Dada”, l’émouvant “Puta Vida Loca”, “Automne à Paris”, le sans surprise “Rub a dub Music” et “Pour moi, cest déjà légalisé” sont les morceaux issus de ce disque joués en scène.

Autres titres live : “Je descends le bar”, “Police”, “Dépareillé”, “Je sais pas jouer”, “Cultivateur moderne”, “Levez-vous”, “Miss Pillow”, “Quand on aime”, “Maman”, “A l’intérieur”, “Pierpoljak”.

En invités : Mr Ricky (de Saï Saï, pour une présentation au début du concert et, plus tard, une impro pour inciter à aller voter le lendemain), William Brutus (un titre de son cru). Et un King Daddy Yod survolté pendant une minute vers la fin du show.

François Guibert

(16 février 2016)

(1) : dans son état d’esprit, “Général Indigo” est à rapprocher des disques de Camera Silens (uniquement l’album “Rien qu’en traînant”, 1987), Nuclear Device, La Souris Déglinguée 1991/2016, Human Spirit, Babylon Fighters, Ragga Dub Force, Saï Saï, Gom Jabbar DC & Puppa Leslie, Beurk’s Band Possee. Ou encore du punk rock dub d’Oberkampf mené vocalement par Joe Hell, fortement influencé par Dennis Morris et son groupe Basement 5.


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