ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

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ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 8 Mai - 18:10






1°) ICI PARIS sera en concert en tête d’affiche

le vendredi 11 mai 2012 au Gibus (Paris)

dans le cadre du festival “Rock The Gibus”

qui se déroulera de 19h à 23h.


•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••







2°) Nouvelle page spéciale

(mise en ligne aujourd'hui)

« ICI PARIS “Le retour” 2012 :

chronique détaillée du CD

et du concert du 23 avril 2012 au DIVAN DU MONDE (Paris)

avec LES BREASTFEEDERS »


sur ce lien (à copier-coller) :
http://heartbreakhotelthehellboysnikolaacin.fr.gd/ICI-PARIS%2C--g-LE-RETOUR-g---k1-2012-k2---d--chronique-detaillee-du-nouveau-CD-et-du-show-2012-.-.htm








ICI PARIS (& DIDIER WAMPAS)

+ LES BREASTFEEDERS


Lundi 23 avril 2012 au Divan du Monde (Paris)
:


« Ici Paris, c’est l’un des meilleurs groupes français qu’il y ait eu et qui aurait dû marcher. Le 33 tours “Allô le monde... Ici Paris” (1982), c’est l’un des meilleurs disques de rock français de tous les temps. C’est vraiment tout ce qu’il y a de bien dans le rock’n’roll. Et en France, on préfère toujours les trucs noirs, un peu dark. Noir Désir, Bérurier Noir, Mano Negra… Faut toujours qu’il y ait “noir” quelque part. Et Ici Paris, c’est pas noir du tout. C’est le rock’n’roll, le vrai rock’n’roll. »
© Didier Wampas, 2012.

Le 23 avril 2012, sur la scène du Divan du Monde (Paris), Didier Wampas concrétise un rêve enfoui en lui depuis qu’à 20 ans, en 1982, il a découvert (quand il était psycho) l’album “Allô le monde...” : reprendre la chanson “Stupide petit garçon”. Choc supplémentaire, c’est Vincent Palmer, de Bijou, le King de la guitare de toute l’histoire du rock et roll mondial, qui balance les riffs électrochocs aux côtés de Shere Khan sur l’enregistrement studio original de cette bombe électrique.

17 ans d’âge mental assumé lorsqu’il est sur scène, faisant des petits sautillements pile poil pareil qu’une petite fille qui jouerait à la corde à sauter, Didier Wampas forme un spontané super duo vocal et visuel avec Azadée, chanteuse d'Ici Paris.

Sur disque comme sur scène, Ici Paris 2012 perpétue la tradition de la french pop’n’roll fraîche, énergique et euphorisante. Ce ne sont pas des stakhanovistes des tournées — Ici Paris était en sommeil de 1985 à 2004 — ni des bêtes de scène aguerries. Brice, arc-bouté sur sa basse, et le guitariste Jeronimo sont avant tout concentrés sur leur jeu. Shere Khan (guitare, fondateur du groupe, et par ailleurs peintre) et Capitaine Mystère (batterie), membres d’origine, ont toutefois roulé leur bosse dans l’univers du rock depuis plusieurs décennies.

Ce qui importe quand on écoute les disques ou que l’on assiste au concert d’Ici Paris, c’est que les membres du groupe embarquent direct l’auditeur et le spectateur dans leur monde coloré, éclatant et féérique. Leurs histoires acadabrantes et épatantes de momies, fusées, monstre, homme éléphant, train fantôme de la Foire du Trône, etc.

En concert, la reprise anglophone de “What A Wonderful World” (Louis Armstrong, The Joey Ramone, Les Parabellum, etc.) ne captive guère. C’est beaucoup plus intéressant d’entendre Ici Paris jouer leurs propres morceaux — qui, en plus, sont en français. En revanche, le groupe a bien raison de ne pas jouer en live “Seule”, dernière plage du CD cinq titres paru en avril 2012. Ce titre reste dans une normalité pop rock. Il ne possède pas la brillance des autres nouvelles compos des années 2004/2012 d’Ici Paris.

Les autres nouveaux morceaux (une quinzaine) dégagent illico un charme puissant. Les pépites “La poupée du quartier”, “Princesse” et “Coralie” ont en elles une espièglerie joyeuse, chaloupée et mélodique, une candeur pop innée. “Tangue, tangue” rappelle l'ambiance vahiné et exotique du “Fantôme du lagon”, avec une batterie plus appuyée.

“Le retour du professeur Parkson”, dans l’intro, la construction musicale de la chanson et des couplets, est la suite de “Mr Parkson” trois décennies plus tard.

“Capitaine Mystère” (« Il est ce capitaine dont j'ai toujours rêvé / Pirate des mers glacées / Mon monstre adoré, wohoho, yeaheah ! ») est en fait un ancien titre d'Ici Paris 80s, jamais publié sur disque, hormis dans sa version démo initiale sur la réédition CD 2001 japonaise d'“Allô le monde…”.

Dans toutes ces chansons, anciennes et nouvelles, le magicien d'Oz'n'roll Shere Khan envoie avec sa guitare plein de sons fuzzy glam rock sixties. Ils sont complétés par la six-cordes de Jeronimo, tour à tour légèrement orientalisante, pop spatiale, mystérieuse ou simplement rythmique.

Mêlant univers de série B (ou Z), pin ups sixties spirit, rockab’ mi-caverneux mi-youplaboum, “Danser sur les tombes”, “Le mystère de la momie” ou encore “Lee Fong de Hong Kong” sont dans la lignée des merveilles 80s du groupe comme “La Cadillac de l’enfer” et “Bagdad”.

La relecture live 2012 de “Si tu m'aimais encore” est débarrassée de la production datée et rigide, tendance variété FM, de sa version studio de 1987. Cette chanson s'en retrouve revitalisée. “Allume-moi” est un rock’n’roll cru et sauvage.

Le texte de “Choisir son camp” est différent des autres, par son parti pris “engagé”. Bien que disant des choses fortes et essentielles, quelques vers swinguent moyen car beaucoup trop terre à terre : « les marchands (...) s’octroient les intérêts », « le droit chemin de la consommation », « accepterons-nous à nouveau la collaboration ? ».

En même temps, malgré tout, ça fonctionne. Car on y sent clairement la patte chouettement utopiste, rêvant d’un monde meilleur, de Shere Khan. « On la dédie à la dictature capitaliste qui nous gouverne depuis plus de trente ans », improvise en intro notre cher Shere sur un ton bonnard et relax baby be cool (1). Le tout sous le regard amusé de Didier Wampas, présent ce soir au premier rang devant la scène, de la première chanson d’Ici Paris à l’ultime rappel des Breastfeeders (2).

Au chant, Azadée reprend avec pertinence et sincérité le flambeau de Marie Al Kha Raz (chanteuse d’Ici Paris sur l’album “Allô le monde…”) et de sa maman Anicée Alvina (le 45 tours “Maman je n’veux plus aller à l’école” / “Le vers interplanétaire”).

Vocalement, et c’est tout à son honneur, Azadée ne sera jamais Mariah Carey, Mireille Mathieu, Céline Dion, Chimène Badi, Shy’m ou Rihanna. Et heureusement : car ce genre d’interprètes assommantes et aseptisées, c’est le contraire absolu de l’état d’esprit rock’n’roll chouettos.

Les timbres vocaux des miss Al Kha Raz et Alvina convenaient parfaitement aux bijoux 80s poppy électriques et lumineux d’Ici Paris. Eh bien, la diction poppy de miss Azadée, pareil. Comme Lio ou Lina From Paris, qui excellent dans l’interprétation de pop songs raffinées et éclatantes, Azadée chante avec sa voix “normale”. Sans chercher à faire de la démonstration technique (à laquelle elle ne pourrait de toute façon pas prétendre et c’est tant mieux). Azadée est une super chanteuse de pop’n’roll française.

François Guibert
(8 mai 2012)




(1) : Shere Khan ! Une sorte de génial Nanard (le cousin de Lucien dans les BDs de Frank Margerin) version décadent, rocky et pratiquant la guitare électrique. L’heureux homme semble consacrer sa vie à l’hédonisme, entre rock’n’roll, peinture, joies et douceurs de l’existence. Il mène son chemin comme il le souhaite, sans se faire dicter son mode de vie par qui que ce soit. Il est donc également peintre à ses très nombreuses heures de loisirs. De superbes tableaux semblant sortis d’un univers onirique et chatoyant, remplis de couleurs vives, peuplés de femmes, d’enfants, d’animaux imaginaires, de nature, de mer.






(2) : Les Breastfeeders, découverte surprise et géniale ce 23 avril au Divan du Monde. Un excellent groupe ultrasupersonique, francophone et survitaminé de Montréal se produisant ce soir-là après Ici Paris. Le set des Breastfeeders fait penser aux prestations électriques ultimes des Hellboys, le groupe mené par Nikola Acin.

Le troisième album des Breast', “Dans la gueule des jours” (2011), est un chef-d'œuvre de rock'n'roll survolté et en français. C'est le premier de leur disque qui est à la hauteur de leurs ébouriffantes prestations live.

Les réalisations/productions, punky garage roots mal fagotées et étriquées, des CDs “Déjeuner sur l'herbe” (2004) et “Les matins de grands soirs” (2007) manquent de soin, d'ampleur sonore. Les morceaux sont pour la plupart fastidieux à écouter, hormis “Pas sans saveur”.

Par contre, donc, le dernier opus, “Dans la gueule des jours”, c'est tout le contraire. On dirait quasiment un autre — très très bon — groupe. Un CD dément, chef-d'œuvresque, sur lequel figurent leurs meilleurs morceaux : “La fille dans la vitrine”, “400 Miles”, “Ne perds pas la tête (Marie-Antoniette)”, “Danser sur ma tombe”, “Poupée à dormir debout”, “Le monde tourne autour de toi”, “Mes lunettes noires”, “Manteau de froid”, “La lune à blâmer”. Et ça tombe bien car lors de ce concert au Divan du Monde, le groupe joue toutes ces chansons. Tout cela dans une hallucinante forme olympique. Impressionnant. Didier Wampas, qui assiste à ce concert, semble aussi
très enthousiaste.





Ci-dessus : LES BREASTFEEDERS
le 28 avril 2012 au "Printemps de Bourges".






Dernière édition par GUIBERT FRANCOIS le Mar 3 Déc - 1:26, édité 3 fois

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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Sam 12 Mai - 2:09




ICI PARIS

Vendredi 11 mai 2012 au GIBUS :


Concert coloré, ultra punchy rock’n’roll, soudé, excellent d’ICI PARIS ce vendredi 11 mai au Gibus (22h05 à 22h40), encore mieux qu’au Divan du Monde. Très bon son. Set list : intro « Vous croyez que nous sommes seuls dans l’univers, que ces milliards d’étoiles sont désertes ? Ne croyez pas ça, nous ne sommes pas seuls... Nous ne sommes plus seuls » enchaînée à “DANSER SUR LES TOMBES”. Puis “PRINCESSE”, “SI TU M’AIMAIS ENCORE”, “CORALIE”, “LE MYSTERE DE LA MOMIE”, “LA POUPEE DU MARCHé”, “ALLUME-MOI”, “LE RETOUR DU PROFESSEUR PARKSON”, "CHOISIR SON CAMP", “LA FUSEE DE TON RETOUR”, “STUPIDE PETIT GARCON”, “SEULE”.

Super merci à Shere Khan et tout le groupe pour cette soirée, cette prestation live, ainsi que David Vallet (mr le manager), c'était un super très très bon moment live de rock'n'roll rythmé entre autres par la frappe astucieuse, à la fois carrée et freestyle, du Capitaine Mystère. Tout le groupe était excellent, bravo à vous, messieurs et mademoiselle Azadée !

François Guibert

(12 mai, 0h30 du mat')



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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Lun 25 Juin - 10:07



Nouveau vidéoclip

"LE RETOUR DU PROFESSEUR PARKSON"

d'ICI PARIS

(réalisé par DAVID VALLET et mis en ligne le 25 juin 2012),


idéal pour les surprises parties chez Friends Steele Barbara, Cushing Peter, Lee Christopher & Karloff Boris

sur ce lien (à copier-coller) :
http://www.youtube.com/watch?v=OvsNEASCjCI



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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 3 Sep - 23:01




ICI PARIS

fera la première partie

de LA FEMME

le jeudi 14 novembre 2013

au TRIANON (Paris).






• LA FEMME :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/Compte-rendu-du-miniconcert-de-LA-FEMME-le-14-mai-2013-a-la-FNAC-FORUM-des-HALLES--k1-Paris-k2--%2B-chronique-CD--g-PSYCHO-TROPICAL-BERLIN-g--.-.htm





• ICI PARIS :
http://heartbreakhotelthehellboysnikolaacin.fr.gd/ICI-PARIS%2C--g-LE-RETOUR-g---k1-2012-k2---d--chronique-detaillee-du-nouveau-CD-et-du-show-2012-.-.htm


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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mer 25 Sep - 23:21




Les ICI PARIS seront en concert à 20h30 le jeudi 26 septembre 2013 à la péniche EL ALAMEIN,

située quai François Mauriac
(métro : Quai de la Gare ou, plus direct et moins de changements, Bibliothèque François Mitran)
à PARIS.

5 euros sur place, pas besoin de réserver à l’avance.

Pas de première partie, youpi, tant mieux : ça commencera plus tôt, du coup

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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 3 Déc - 1:27







Nouvelle page spéciale

« Compte rendu détaillé du concert
de LA FEMME (“PSYCHO TROPICAL BERLIN”)
+ ICI PARIS
le 14 novembre 2013 au TRIANON (Paris) »


en ligne sur ce lien (à copier-coller) :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/LA-FEMME--k1--g-Psycho-Tropical-Berlin-g--k2--%2B-ICI-PARIS-le-14-novembre-2013-au-TRIANON--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm







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LA FEMME


Show “PSYCHO TROPICAL BERLIN”


+ 1ère partie : ICI PARIS



le jeudi 14 novembre 2013 
au TRIANON (PARIS) :





Une heureuse et réjouissante déclaration de Marlon Magnée, cofondateur de La Femme (avec Sacha Got), dans une interview vidéo en octobre 2013 : « On est vachement influencé par la culture française, surtout 
au niveau musical. On écoute, on a écouté beaucoup plus 
de trucs français que de trucs états-uniens ou anglais. »

Enfin des musiciens/artistes de l’Hexagone qui déclarent écouter de manière volontaire et spontanée, d’abord et avant tout beaucoup de groupes français ! Plutôt que les sempiternelles formations branchées, ou les mastodontes intouchables de la pop rock music internationale. Ce genre de propos, cela fait énormément plaisir à entendre.



En effet, depuis des décennies, on a l’impression que 
la majorité des Français (1) pense qu’en matière de musique, les Anglais et les Américains font forcément mieux que tout le monde. Ils ont grand tort. Les chansons créées, enregistrées et chantées par des Français 
(ou Belges), dans la langue de Jacques Duvall ou Jean-William Thoury (exemples d’auteurs francophones 
parmi des milliers d’autres), sont hyper passionnantes 
et novatrices. Et nombre d’artistes ou groupes d’ici sont excitants à voir, entendre et écouter, sur disque comme 
en concert.


Suivant cette évidente logique, La Femme a invité 
Ici Paris à faire leur première partie ce soir. 
Sacha, Marlon ainsi que Nuñez Hijo (autre membre du groupe La Femme) ont d’ailleurs assisté à leur concert (2) du 13 juin 2013 au Cleub (Montreuil).

De 19h50 à 20h20, les Ici Paris délivrent ce soir 
une prestation énergique. La set list est resserrée et 
ne contient que des morceaux rapides ou, comme l’on dit, “up tempo”. Pas de ballades, hormis “Si tu tiens à moi”, durant laquelle Azadée jouera de la guitare rythmique tout en chantant.

Set list dans l’ordre : “Princesse”, “Si tu m’aimais encore” (sans les synthés et la prod’ de 1987, avec une dominante de guitares),  “Hold-up”, “Stupide petit garçon”,
“Le mystère de la momie”, “Si tu tiens à moi”, “Maman 
je n’veux plus aller à l’école” (émouvant clin d’œil à sa mère Anicée Alvina), “Pantera” (composition 2013 du tandem Azadée/Geronimo). Et en final “La fusée de ton retour”.

Bien qu’il ait duré trente minutes (une durée normale pour une première partie), il s’agit du meilleur concert d’Ici Paris de ces deux dernières années. Ex-aequo avec leur set du 11 mai 2012 au Gibus. La sono du Trianon est professionnelle, excellente. Le groupe est concentré, avec un bon look dans la lignée des photos mythiques de la formation 1982. Frank Gourgon (claviers) arbore une veste de Beatles “Sgt Pepper’s Lonely Heart Club Band”. Geronimo Utalovski (basse) a un pantalon serré blanc 
à pois noirs, évoquant les seventies et des choses glam comme les New York Dolls.

Maître d’œuvre d’Ici Paris depuis sa création en 1979, Shere Khan (guitariste, auteur-compositeur, et choriste bonus sur “Si tu tiens à moi”) est égal à lui-même. Pantalon de skaï noir, boots à la Johnny Thunders 
ou Le Baron, il baigne depuis toujours dans la musique électrique : tous les groupes de l’histoire du rock, la pop sixties seventies, du garage, Cramps, etc. Le tout mâtiné d’un soupçon de flower power parisien.

Quant au batteur Pascal Courtinel, alias le Capitaine Mystère, lui aussi est un autre pilier d’origine (le 45 tours “Le centre du monde”, le 33 tours “Allô le monde…”).

Au niveau musical, chacun donne le meilleur de lui-même. Au fil des concerts, délaissant sa timidité naturelle, 
la jeune Azadée Grupper (chant) développe/dévoile son attractif potentiel scénique. Un super look très “pop à Paris” : minijupe rouge flashy, chaussures à talons, haut noir classe. Son timbre de voix n’est pas celui d’une chanteuse destroy (Nina Hagen) ni d’une tigresse rythme et blueseuse volcanique (Tina Turner). Mais il convient parfaitement au registre pop à tendance rock’n’roll (ou l’inverse) qu’est celui d’Ici Paris.

Azadée chante avec sa voix normale, en prononçant les mots de façon hachée ou saccadée. À aucun moment, 
elle n’imite les deux premières chanteuses du groupe : 
Marie Al Kha Raz (de 1979 à 1982) et Anicée Alvina 
(45 tours “Maman je n’veux plus aller à l’école”/
“Le vers interplanétaire” en 1983).

D’ailleurs, Marie Al Kha Raz a assisté aux concerts 
du 26 septembre 2013 à la péniche El Alamein 
et du 2 novembre au 114 (Paris 11e). Dans ce bar, 
ex-Cithéa, à l’atmosphère conviviale et pas branchouille (en tout cas ce soir-là), à un mètre de l’estrade faisant office de scène, elle se trémoussait sur plusieurs titres. Entre autres sur “Stupide petit garçon” et “La fusée de ton retour”, qu’elle avait vocalement créés sur disque. On pouvait ressentir ce moment comme un joli et symbolique passage de flambeau.


De 20h50 à 22h35, La Femme propose un show (3) 
très complet, inventif, malin, créatif, monté sur ressorts. 
Y compris dans les morceaux plus calmes. Du grand art joyeusement décadent.

La Femme propose une pop française massive, franche, solide, généreuse et sauvage, lardée de multiples
influences : yé-yé, rock’n’roll, new wave, punk, surf. Et aussi de l’electro techno, mais sans le côté prise de tête, stressant et énervant de ce style musical. On devine, 
via certains BPMs et de jeux de lumières hypnotiques 
et syncopés, l’influence des rave parties. Et, glissées 
à l’intérieur de “La Femme ressort”, des musiquettes 
au son de piano dans l’esprit des thèmes de films muets 
des années 1910/1920.


Ce spectacle est aussi riche, dense et palpitant que leur album “Psycho Tropical Berlin”. Sacha Got et Marlon Magnée, le binôme créateur de La Femme, ont eu mille fois raison d’attendre le temps nécessaire pour sortir 
ce CD. Ces Laurents Voulzys dingos pop’n’roll punk bidouilleurs de studios et de machines ont retravaillé jusqu’aux moindres détails leurs morceaux. Afin que ces derniers soient le plus aboutis possible. Que rien ne soit bringuebalant, bancal, nazebrock. Et que l’on puisse écouter dans cinq, dix ou vingt ans avec la même fraîcheur cette petite quinzaine de chansons, à la fois ambitieuses et hyper facile d’accès.

Hormis les paroles ratées, terre à terre, et ressemblant 
à une parodie de rock alterno, de “Nous étions deux”, l’objectif est réussi. “Psycho Tropical Berlin” est l’un 
des chefs-d’oeuvre majeurs de pop française des trois dernières décennies (4).

Les versions live de tous les titres de l'album ont un son net, franc, carré et percutant. Comme sur le disque, 
alors qu'il n'est pourtant vraiment pas évident 
à retranscrire en live.

La bande à Sacha & Marlon maîtrise parfaitement 
ce concert fougueux. En même temps, il y a une énorme 
part de dinguerie, d’improvisation, où tout peut arriver. 
Ce concert reflète bien leur jeunesse qu’à l’évidence, 
ils vivent à cent à l’heure. Dans la joie, le travail artistique, 
la musique.

Située au centre de la scène, derrière son synthé, Clémence Quelennec assure le chant féminin principal. Elle apporte énormément au groupe. En tant que spectateurs, on a l’impression qu’elle est l’élément stabilisateur. Elle est la personne autour de qui tout est axé et vers qui les regards du public se tournent.

Elle a une forte personnalité visuelle et vocale. C’est comme si les paroles, écrites par Sacha et Marlon, avaient été conçues pour que ce soit elle qui les chante. D’instinct, spontanément, elle interprète ces mots de manière 
parfaite : dans un esprit pop, robotique, new wave. 
Avec bien sûr une indispensable chaleur humaine. 
Son charisme correspond pile-poil à l’esthétique du concept pop La Femme. Ce dernier est nimbé de mystère, 
de sensualité et de toute une mythologie imaginaire romanesque. C’est la chanteuse idéale pour ces morceaux écrits et composés par Sacha et Marlon.

Arborant un look entre Siouxsie Sioux et Elvira, dans 
une longue tenue noire, Clara Luciani intervient sur trois morceaux. En guise de deuxième voix alter ego féminine, aux côtés de Clémence (chacune derrière son clavier-synthétiseur), elle interprète “La Femme”, “Sur la planche” et “It’s Time To Wake Up”.  En concert, son chant, plus lisse, captive moins que celui de Clémence. Mais sur l’album, Clara chante avec l’intention et la subtilité adéquates les textes des morceaux “It’s Time 
To Wake Up” et “La Femme”.

Chemise hawaiienne, lunettes noires, Sacha est assez discret sur scène. Il assure les guitares tendance surf rock’n’roll, que ce soit en rythmique ou lors d’un solo. 
Il jouera du theremin sur un morceau. Pendant “Sur la planche”, il est par contre en pleine lumière puisqu’il surfe du côté du public avec une vraie planche côté fosse. Celle-ci étant soutenue par les spectateurs.

Marlon est le showman masculin du groupe. Il interpelle les spectateurs : « Salut Paris ! », « Ça va Paris ? », « Est-ce qu’il y a des Marie dans la salle ? Voici une chanson super provo ! » (en intro de l’inédit “Marie, tu respires le sexe”), etc. Il se démène comme un petit diablotin devant son clavier, qu’il trimballe d’ailleurs à la main quelques instants durant “Sur la planche”. Il fait les chœurs sur tous les morceaux (sauf ceux où il est au chant principal). Il danse à plusieurs moments devant la scène, revient 
à son poste, etc. Au four et au moulin, le Marlon, sans discontinuer. Face à lui et au groupe : un public réactif, dansant, applaudissant, et participant pleinement.

Dans la façon d’être sur scène de Nuñez Hijo, son look, 
on sent bien son goût pour la chose punk, Bérurier Noir, 
le rock sauvage, de la rue, La Souris Déglinguée, etc. 
Ce soir, il s'est peinturluré en marsupilami. C’est un peu l’élément freestyle, en roue libre, de La Femme. Il joue 
du clavier lui aussi et très régulièrement des percussions tribales.

Samy Osta (basse, clavier, qui a aussi coréalisé l’album) 
et Sam Lefèvre (batterie) sont très discrets. Mais ils assurent nickel chrome leurs parties musicales.

Invités par La Femme spécialement pour cette date 
du Trianon, les cinq danseurs et danseuses du collectif 
House Of Drama apportent une dimension visuelle supplémentaire.

Mélangeant les genres masculin et féminin, le look des House Of Drama est oriental, gothique, sado-maso, punk. Il correspond pile poil à l’ambiance du court métrage 
“La Femme”/”Interlude”/”Hypsoline”, très travaillé, 
scénarisé avec minutie, de La Femme. À chacune de 
leurs apparitions, ils portent des tenues différentes, extravagantes, portées sur le fétichisme.

« La prochaine fois qu’on sera sur scène à Paris, ce sera dans un ou deux ans, annonce Marlon lors du rappel. 
On a un invité surprise, monsieur Patrick Vidal. Avec lui, 
on va vous interpréter “Rien à dire” de son ancien groupe Marie & Les Garçons, à la façon disco ! Salut à tous ! »

Et c'est parti pour le final avec, donc, cette reprise frenchy but chic (copyright Jean-Eric Perrin, inventeur de cette expression) par excellence. L'ex-Marie & Les Garçons devenu DJ depuis deux bonnes décennies chante ce titre chaotique, pop garage arty, qu'il n'a pas exécuté 
en public depuis 1979. Accompagné par ce qui est 
le groupe-électrochoc le plus brillant de la nouvelle génération pop française. Et dont l'influence 
ainsi que les chansons sont appelées à rester.



François Guibert

(24 novembre 2013)




(1) : y compris celles et ceux qui évoluent dans l’univers du rock (journalistes, musiciens, dingofans de musique, spectateurs de concerts, etc.).

(2) : à la non-sono chaotique durant les six ou sept premières chansons du set d’Ici Paris ce 13 juin à Montreuil. Au grand dam du groupe. La (non-)sono, aléatoire, étant gérée par une personne du Cleub et non
par Ici Paris. Mais cela n’a pas empêché les spectateurs 
et spectatrices ce soir-là de se trémousser sur les chansons 
du groupe. Marlon et Sacha ont même twisté durant 
“La fusée de ton retour” et “Stupide petit garçon” : 
c’était chouette à voir.


(3) : Ce concert de La Femme est l’une des dernières 
dates de leur très longue tournée française. Pour marquer le coup et graver la soirée pour l’éternité, 
cette représentation est filmée. En vue d’un DVD ou 
pour figurer en bonus sur le futur album ? Mystère, 
nous verrons bien le moment venu.

(4) : au même titre que “Sunset” de Superbus, les albums 1982-1996 de Lio, “Allô le monde…” d’Ici Paris ou encore le disque de Mademoiselle Nineteen et ceux de Lina From Paris.

•••••••••••••••




Set list
(au chant : Clémence 
sauf indications contraires) :



• Intro de quatre ou cinq minutes lente, 
atmosphérique et vaporeuse



• “Amour dans le motu”



• “Packshot”



• “La Femme” 

(au chant-duo : Clémence & Clara)



• “Interlude” + “Hypsoline” 

(au chant : Marlon)



• “From Tchernobyl With Love” 

(au chant : Marlon)



• “Le blues de Françoise”

enchaîné à l’instrumental “Paris 2012”



• “Si un jour”



• “Nous étions deux” 

(au chant : Marlon)



• “Sur la planche” 

(Clémence au chant principal,

Clara en seconde voix)



• “It’s Time To Wake Up
(California 2023)” 

(chant-duo : Clémence & Clara)



• “Télégraphe” 

(chant-duo : Marlon & Clémence)



• “Antitaxi” 

(au chant : Marlon)



• “La cabane perchée” 

(nouveauté, instrumental 

avec onomatopées « hou ! hou ! hou ! hou ! » 

en guise de gimmick-refrain)



• “Welcome America” 

(au chant : Marlon)



• “La Femme ressort”



• “Marie, tu respires le sexe” 

(au chant : Marlon)



— Rappel :



• “La vague” 

(« Cette chanson sera sur notre deuxième album », 

un titre ésotérique, entre chant liturgique 


et l'ambiance lancinante de “It’s Time To Wake Up” 

— chant-duo : Clémence & Clara)



• “Mycoses” 

(un inédit)



• “Rien à dire”
(Patrick Vidal et Marlon au chant)










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Re: ICI PARIS + LA FEMME 14/11/2013 Trianon : compte rendu

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