"EFFELLO & CAT chantent l'amour" (CD 2015) : chronique

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"EFFELLO & CAT chantent l'amour" (CD 2015) : chronique

Message  GUIBERT FRANCOIS le Dim 24 Mai - 13:05




Nouvelle page spéciale inédite

« Chronique détaillée de l'album “EFFELLO & CAT chantent l'amour” (2015) »


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Chronique du CD

EFFELLO & CAT
“Chantent l’amour” (2015) :


« J’ai mis trente-trois ans avant d’arriver au terme d’un projet qui me tenait vraiment à cœur. J’y ai investi toute mon énergie, mon temps, ainsi que mon argent car c’est une autoproduction. Je l’ai fait avec passion pendant des mois. Le résultat est là. Je le dois bien sûr à Effello, à son talent et à son travail sur cet album. C’est le genre de rencontre qui n’arrive que très rarement dans la vie. Je mesure toute la chance de l’avoir auprès de moi. »


(© Cat, 4 mai 2015, sur sa page Facebook)

« Avec Cat, on a fait un album rien que tous les deux. Je l’aime beaucoup, j’en suis très fier. Vous pouvez le commander si vous aimez le rock, l’amour, les beaux dessins (le livret est top !). Ou si vous avez un tant soit peu de sympathie pour moi. Bisous. »


(© Effello, 4 mai 2015, sur sa page Facebook)

Heureuse surprise : le CD “Effello & Cat chantent l’amour”, est une éclatante réussite en matière de pop dynamique d’aujourd’hui. Les arrangements sont rock’n’roll (des guitares partout, quasiment à chaque instant) mais l’esprit fièrement pop. Cet album est aussi excitant, créatif et abouti qu’un disque du label belge Freaksville Record (1).

Tels des Superbus ou Niagara du système D, Effello et Cat créent des chansons solidement construites, cohérentes. Et qui accrochent l’oreille illico : “Je chante faux (des trucs qui sont vrais)”, “C’est férié”, “Si tu pars”, “Bien trop loin”, “Dans mon lit”, etc.

Ces quinze morceaux sont dotés d’un son rutilant. Professionnel dans sa débrouillardise du quotidien artistique, le tandem les a enregistrés de septembre à décembre 2014 à Pantin. Franck Bellu (sOnic sTudio à Fleury-les-Aubrais) les a mixés, Sox (Musicodrome à Périgueux) les a masterisés.

Mais l’impulsion générale provient d’Effello. Il sait comment ses disques doivent sonner, en l’occurrence celui-ci et “Le meilleur album du monde” (paru en janvier 2015) d’Effello & les Extraterrestres (son groupe).

Résultat : une prod’ percutante, pleine de guitares électriques savoureuses à écouter, acérées et mélodiques. Toutes jouées par Effello qui est aussi à la batterie, Cat étant à la basse.

Cat est une jeune femme tendance alterno parisienne mais au look soigné, et qui a le sens de l’esthétisme, du visuel. Elle a d’ailleurs conçu l’intégralité du livret. Et dessiné toutes les illustrations multicolores qui y figurent. On y voit Effello (en t-shirt blanc et patalon noir, quelles que soient les situations fictives) et Cat conduisant une rame de métro. Sur la grande roue dans le ciel d’un parc d’attraction. Dormant dans un lit superposé, dans une salle de cinéma, etc. Il y a même un clin d’œil à Johnny Hallyday, nom du lapin blanc d’Effello (ce n’est pas une blague).

À travers ses textes, tous en français, denses et digestes, Cat se livre totalement. Elle dévoile les moults tourments, joies, peines, doutes, bonheurs qu’elle a connu et connaît dans sa vie. Avec des mots simples, de tous les jours, elle décrit ses sentiments. “Depuis toi”, seul morceau lent du CD, qui n’est pas pour autant un slow, en est un bon exemple.

Cat sait qu’elle n’est pas une “vraie” chanteuse, au sens professionnel du terme. On ne lui demande d’ailleurs pas d’être une interprète à la technique vocale parfaite et lisse.

L’important, c’est de faire passer des sensations, des vibrations à travers les paroles et la façon de les chanter. Dans cette optique-là, on entend clairement sa personnalité. Et elle chante très bien, comme il faut, ces morceaux qu’elle a créés avec Effello.

En fait, Cat chante avec exactement les mêmes atouts vocaux que de nombreuses vedettes féminines françaises du Top 50 des années dorées 1986/1989 : Lio, Luna Parker, etc. Ou les demoiselles yé-yé des années 1960, comme Gillian Hills.

Effello, lui, est avant tout guitariste (et batteur). Mais on entend sa voix, d’ailleurs pas assez mixée en avant, le temps de quelques couplets sur “Toute la différence” ou encore “Bien trop loin”. Ainsi que dans les chœurs des refrains. Et sur l’intégralité de “Tant pis si j’me fais des films” et “L’attraction”.

Au milieu de “Dans mon lit”, Effello se lance volontairement dans un (court) solo hard rock façon “tapping” (c’est-à-dire un max’ de notes par seconde) à la Joe Satriani. On devine qu’il s’agit d’un gros clin d’œil à la scène “Johnny B. Goode” jouée par le personnage Marty McFly (Michael J. Fox) dans le film “Retour vers le futur” (1985).

Le reste du temps, sur tout le disque, ses guitares sentent bon les influences pub rock, surf music, rock roll sixties. Les guitaristes des Wampas (Tony Truant mais sans la culture blues de ce dernier, ainsi que Philippe Almosnino) sont deux de ses références marquantes.

Quelques chouettes sons de glockenspiel, un genre de xylophone, tintinnabulent ici et là (“Toute la différence”, “Même si”). Ils prolongent ainsi l’aspect pop du disque.

“Même si” est un morceau hélas caché (situé à 6’40” de la plage 14) alors qu’il mérite de figurer en ouverture du CD. Ce hit poppy a toutes ses chances pour être multidiffusé sur les ondes FM orientées rock d’ici, voire au-delà.

A l’origine, une première version masculine de “Même si”, chantée par Effello, figure sur “Le meilleur album du monde” des Extraterrestres. Là, Cat en a remanié le texte et gommé les lourdeurs (exit les sordides histoires de boyaux). Elle l’a féminisé afin d’être pleinement à son aise pour l’interpréter comme il lui sied. Le résultat est impeccable.

“Je chante faux (des trucs qui sont vrais)” est aussi un tube radiophonique potentiel. Son refrain est euphorique : « Toi et moi, en anglais, en français / Du rock, du r’n’b, même de la variété / Je chante faux des trucs qui sont vrais / Et c’est précisément pour ça que ça me plaît / (…) Car mon amour est pur même si ma voix l’est pas (…) »

La version figurant sur l’album est meilleure que celle qui accompagne en audio le vidéoclip mis en ligne durant l'été 2014. Le duo a réenregistré ce titre afin qu'il pulse vraiment et ait une production digne de ce nom. Du coup, dans le clip, ça sonne quasiment comme une maquette.

Ces quinze chansons, assemblées les unes aux autres, forment une sorte de journal intime. De nombreuses filles, et par ricochet les garçons, y retrouveront des situations qui leur sont familières. “Effello & Cat chantent l’amour” est comme une sorte de recueil de pop songs françaises rocky, évidentes et bien tournées.

François Guibert
(24 mai 2015)

(1) : label ayant à son catalogue Benjamin Schoos (Miam Monster Miam), Marie France, Phantom, Les Fantômes, Jacques Duvall, Mademoiselle Nineteen, Loved Drones, Sabino Orsini, Lio, Android 80, Marc Morgan, etc.


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