SOUCHON & VOULZY Palais des Sports 2015 : compte rendu

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SOUCHON & VOULZY Palais des Sports 2015 : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Ven 15 Mai - 23:40




Nouvelle page spéciale

« Compte rendu détaillé du concert d'ALAIN SOUCHON & LAURENT VOULZY

le 4 mai 2015 au PALAIS DES SPORTS (Paris) »


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ALAIN SOUCHON
& LAURENT VOULZY

Concert le lundi 4 mai 2015
au Palais des Sports (Paris) :


Sans frime, sans rouler des mécaniques, Alain Souchon et Laurent Voulzy proposent un spectacle populaire, chaleureux, généreux. Et plein d’émotions, joyeuses ou douces (souvent les deux ensemble).

Ce concert possède ce qu’il faut d’indispensable showmanerie pour captiver 4 500 personnes durant deux heures vingt : le jeu des lumières, la musicalité et les arrangements des chansons, l’interprétation vocale.

Un bon équilibre entre morceaux acoustiques à deux et, avec leur groupe, chouette cavalerie électrique. Mâtinée de claviers, piano et, ici ou là (“Jeanne”, entre autres), d’une harpe.

Preux chevalier de la chanson d’ici inspirée par la pop et le rock mondiaux, Laurent Voulzy a en lui une élégance innée. Et un indéniable talent pour créer des mélodies accrocheuses, gravées dans le cœur et l’esprit de millions de francophones.

Bardé de lourdes influences comme The Beatles, The Rolling Stones ou The Police (parfois même Les Yes), il transcende celles-ci pour en faire quelque chose d’intéressant, de très français. Alliées aux textes de Souchon, ses musiques donnent des morceaux qui n’ont rien à voir avec la pop & rock music internationale.

Leurs chansons sont subtiles (paroles, production, musiques), positivement légères, faciles à mémoriser, éternelles.

Sur scène, en dépit de grosses baskets de ville, Voulzy a une allure et une prestance crédibles et dignes d’une star. Mais sans les clichés et la suffisance. Et à aucun moment, il ne se la raconte.

Alain Souchon, lui, cravate noire, chemise blanche, patalon noir, ce serait plus le petit farceur de cour d’école qui fait rigoler ses copains. Et qui ferait craquer les filles, attendries par sa profonde mélancolie et son espièglerie.

Pour ce Palais des Sports 2015, concernant les arrangements, ils restent fidèles à leur style, le même depuis le milieu des années 1980. C’est-à-dire un son méticuleux et soigné de variétés, chanson pop, impulsé par Voulzy. Ce dernier est un très bon guitariste électrique et (électro)acoustique de scène, aux sonorités planantes tendance Hank Marvin et sixties.

Les musiciens sont fiables, pros, concentrés sur l’excellence sonore qu’ils se doivent d’offrir aux spectateurs : Michel-Yves Kochmann (guitares), Hélène L. (chœurs, harpes, guitares, claviers – Elsa Fourlon lui succédera à l’automne), Michel Amsellem (claviers principaux), Olivier Brossard (basse, contrebasse, chœurs) et Eric Lafont (batterie, percussions).

Amsellem, Brossard et Lafont jouent sur le fascinant album live “Lys & Love Tour” (deux CDs + un DVD) de Voulzy, enregistré le 18 décembre 2012 à l’église Saint-Eustache (Paris). Ces enregistrements visuels (impressionnante réalisation du DVD par François Goetghebeur, assistés de Julien Babey et Laurent Voulzy) et sonores sont chargés d’émotions bouleversantes et mystiques.

Voulzy et Souchon ont tellement fait de tubes en quarante ans qu’il en manque forcément. Par exemple, pour Voulzy, “Désir désir”, “Une héroïne”, “Les nuits sans Kim Wilde”, “Bopper en larmes”, chansons radiophoniques parfaites. Et l’Alain fait l’impasse sur ce qui est son album le plus abouti au niveau artistique, “Au ras des paquerettes” (1999).

En concert, ils chantent comme sur leurs disques : sans faussetés. Une exception : “Oiseau malin”, où l’ajustement des deux voix, l’une sur l’autre, se fait au petit bonheur la chance. Notamment les passages : « Masters and servants / De leurs bureaux (salons) protégés / N’entendent pas l’oiseau qui chante / N’entendent pas l’oiseau chanter »

Les moments ennuyants du show : “La baie des fourmis”, aux paroles basiques et répétitives, à la musique aussi linéaire que sur disque. Ainsi que “Amélie Colbert” enchaînée au “Soleil donne”, aux ambiances chaloupées des Caraïbes. Et qui font que l’on ne se sent pas concerné ni touché musicalement.

Là où Voulzy est au top, c’est lorsqu’il fait des chansons pop éclatantes ou intimistes : “Bubble Star”, “Le pouvoir des fleurs”. Même “Jeanne”, à la thématique et aux arrangements semblant provenir du Moyen Âge, est un super titre pop. Aussi flashant et électrisant que le génial mastodonte “Rockollection” et ses couplets et guitares féériques à la The Shadows (en dépit de ses lourdingues refrains anglophones).

Voulzy et le groupe reproduisent avec délicatesse et précision les moindres intonations vocales et sons musicaux de “Caché derrière”. Un titre à travers lequel Laurent dévoile les interrogations qu’il a en lui concernant le sens de la vie terrestre (et l’après). La sienne et celle des milliards d’humains.

La vision du monde et des actualités de Voulzy est presque opposée à celle de Souchon. C’est flagrant lorsque le premier chante “Caché derrière” puis que le second interprète aussitôt après “Et si en plus y’a personne”.

Et ce même si les textes sont écrits par une seule et même personne, Alain Souchon. Mais justement, il se met à la place de son ami Laurent lorsqu’il écrit pour ce dernier en tant que chanteur solo.

Grande réussite discographique, l’album en duo est bien représenté. Cinq titres, tous bien choisis (sauf un), sont issus de ce nouveau disque, parmi la trentaine interprétée ce soir : “Il roule” (fond de scène représentant des paysages d’autoroute, de jour comme de nuit, vu comme si l’on conduisait une voiture, Chrysler ou autre), “Oiseau malin”, “La baie des fourmis”, “Derrière les mots”, “Souffrir de se souvenir”.

Des vers universels très bien vus dans ce dernier titre (“Souffrir…”), joué et chanté par Laurent Voulzy au piano sur scène : « Maintenant les années ont passé / Et j’ai des jours heureux / Mais il suffit d’un parfum, d’un air et / Mon cœur se serre / Parfois d’aller dans les rues d’avant / Tu sais mon cœur se fend. »

Mise de côté pour ce spectacle, “Consuelo” (hommage à la femme de l’écrivain Antoine de Saint-Exupéry) semblait conçue pour la scène, avec son discret mais entêtant gimmick de guitare. Dans l’idéal, cette chanson 100 % pure pop aurait pu être jouée en live à la place de la monotone “Baie des fourmis”.

“Le bagad de Lann-Bihoué” est une description sans fard et sans pincettes, presque violente, par Alain Souchon de la destinée quotidienne des êtres humains. Et donc d’une partie (ou de la totalité) du public présent dans la salle.

Avec ceux du CD “C’est déjà ça” (1993), “La ballade de Jim” est le mégatube le plus connu de la période adulte (à partir de 1985 et l’album “C’est comme vous voulez”) d’Alain. Les sons synthétiques sinueux et magiques de la version originelle sont reproduits d’une belle manière.

Les guitares de Michel-Yves Kochmann idéalisent cette ballade. Aidés du vidéoclip resté en mémoire, ces arrangements musicaux déclenchent dans le cerveau des images, des flashs au fur et à mesure des vers chantés par Alain Souchon.

Sa période “grand Duduche ado” (1974/1984) est présente, à défaut d’être la plus intéressante : “Allô maman bobo”, “J’ai 10 ans”. C’est gentil, sympa, mais ça manque de mordant.

Toutefois, en provenance de 1977, “Poulailler’s Song” est interprété avec pertinence et un humour cinglant par un Alain volubile. Il se déplace de gauche à droite de la scène en sautillant, secouant les bras tel un petit oiseau. Ce texte à l’humeur sociale, conçu dans les années 1970, garde la même acuité en 2015.

Quant à “Bidon”, grâce au duo acoustique Voulz’ & Souch’ au Palais des Sports, on découvre en 2015 l’ossature rock’n’roll années 1950 façon Gene Vincent de cette chanson de variété. Et ça sonne bien.

“Jamais content” (millésime 77, là aussi) devient au Palais des Sports une sorte de rock’n’roll brillant, policé juste ce qu’il faut. Avec une hargne adéquate dans la voix de Souchon.

Autres réussites intenses parmi ces réactualisations live 2015 :

— Un “Somerset Maugham” épuré, sans l’aspect crème chantilly de l’original studio. Juste guitare & voix, tout en douceur et apaisé.

—  “C’est déjà ça”, une version orientalisée, via le oud utilisé par Michel-Yves Kochmann.

— “Le pouvoir des fleurs” (le pré-“Foule sentimentale” 1992 de Voulz’). Ou, transfigurés par la magie de la musique, les idéaux de vie qui régissent la ligne de conduite d’Alain et Laurent.

Voici, dans l’ordre, la liste des morceaux interprétés :

• “Le vent qui va” (instrumental préenregistré, images noir & blanc sur écran géant d’Alain Souchon & Laurent Voulzy en voiture, arrivant au Palais des Sports, puis traversant l’entrée des artistes)
• “J’ai 10 ans” (duo guitare & voix)

— Avec le groupe, en électrique :

• “Bubble Star”

• “Jamais content”

• “Il roule”

• “Caché derrière” (Voulzy chant solo)

• “Et si en plus y’a personne”
(Souchon chant solo, pas de batterie)

• “Oiseau malin”

• “La baie des fourmis”
(pas de batterie)

• “C’est déjà ça”
(Souchon chant solo, Voulzy au tambourin. Michel-Yves Kochmann au oud + tout le groupe en électrique)

• “Poulailler’s Song”

— En duo guitare acoustique (Voulzy) & à deux voix lead (sauf indications contraires), sur le devant de la scène  :

• “La fille d’Avril”
(Voulzy chant, Souchon deuxième voix sur quelques phrases)

• “Le rêve du pêcheur”

• “Sommerset Maugham”
(Souchon chant, Voulzy deuxième voix sur le refrain)

• “Bidon”
(Souchon chant. Voulzy choriste sur le refrain et imitant vocalement le son de la guitare électrique. Tout en jouant avec sa six-cordes acoustique)

• “Allô maman bobo”

— Avec tout le groupe, en électrique, et à deux voix lead (sauf indications contraires) :

• “La ballade de Jim”
(Souchon chant solo, Voulzy à l’une des guitares électriques)

• “Souffrir de se souvenir”
(Voulzy au piano et au chant, Souchon au chant + les refrains en musique avec le groupe)

• “Le cœur grenadine”
(Voulzy chant solo)

• “Le bagad de Lann-Bihoué”
(Souchon chant solo)

• “Jeanne”
(Voulzy chant, Souchon chœurs, pas de batterie)

• “Amélie Colbert”
(Voulzy au chant. A partir de cette chanson, le public sera debout jusqu’à la fin du concert)

• “Le soleil donne” (Voulzy chant)

• “Le pouvoir des fleurs”

• “Derrière les mots”

— 1er rappel (électrique, avec le groupe) :

• “Foule sentimentale” (Souchon chant, Voulzy à la guitare électroacoustique et aux chœurs)

• “Rockollection”
(Voulzy au chant et à la guitare électrique, Souchon au chant).
Avec des interprétations des refrains de “Loco-Motion” (Little Eva), “A Hard Day’s Night” (The Beatles), “I Get Around” (The Beach Boys), “Gloria” (The Them), “Satisfaction” (The Rolling Stones).

— 2e rappel (duo Voulzy à la guitare et au chant & Souchon au chant) :
• “Belle-Île-en-Mer Marie-Galante”.

« Amis de Paris, des villes et des villages alentour, merci. »

(© Laurent Voulzy, sur la scène du Palais des Sports, 5 mai 2015, 23h20)

François Guibert
(15 mai 2015)


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