ALAIN CHENNEVIERE St-Ouen/Paris (avril 2015) : compte rendu

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ALAIN CHENNEVIERE St-Ouen/Paris (avril 2015) : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Sam 18 Avr - 15:05



Nouvelle page spéciale


« Compte rendu détaillé des concerts d'ALAIN CHENNEVIERE

le 4 avril 2015 à St-Ouen

(“Rockin' For Ervin Travis” avec TONY MARLOW, VIKTOR HUGANET & CHRIS EVANS)

+ le 10 avril 2015 à la Galerie Laurent Mueller (Paris 3e) »


sur ce lien à copier-coller :
http://alainchenneviere.fr.gd/ALAIN-CHENNEVIERE-le-4-avril-2015-au-Piccolo-a-St_Ouen--k1--g-Rockin-For-Ervin-Travis-g--avec-TONY-MARLOW%2C-CHRIS-EVANS%2C-VIKTOR-HUGANET%2C-NELSON-CARRERA%2C-THE-ATOMICS-k2--et-le-10-avril-2015-a-la-Galerie-Laurent-Mueller--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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• ALAIN CHENNEVIÈRE
+ TONY MARLOW
+ CHRIS EVANS
+ THE ATOMICS
+ NELSON CARRERA & THE SCOUNDRELS
+ VIKTOR HUGANET

le samedi 4 avril  2015
au concert “ROCKIN’ FOR ERVIN TRAVIS”
au PICCOLO à Saint-Ouen (93)

• ALAIN CHENNEVIÈRE
le vendredi 10 avril 2015
à la GALERIE LAURENT MUELLER
(festival “Meta”, 75 rue des Archives, Paris 3e) :


« Merci à tous les amis musiciens et chanteurs qui ont participé à cette soirée “Rockin’ for Ervin” (1). Merci à vous toutes et tous qui êtes venus pour soutenir Ervin Travis. Merci le Fifty Nine Club qui a organisé ce concert, et le Piccolo qui nous a reçus. On souhaite bien sûr que cette petite soirée contribue modestement au rétablissement de notre pote, qu’on aime tous. Voilà, cette soirée était pour toi, Ervin : à bientôt parmi nous. »

© Tony Marlow
(sur la scène du Piccolo à Saint-Ouen, 4 avril 2015, 23h30)

À Saint-Ouen, Nelson Carrera & The Scoundrels (2) puis The Atomics ouvrent la soirée “Rockin’ for Ervin” de façon efficacement rockab’.

Entre compos originales et reprises assurées : par exemple, “The Woman I Need” (Johnny Horton) pour Carrera, “Roll Over Beethoven” (Chuck Berry) pour les Atomics. Le tout en anglais.

L’accent suit sans problème pour les chanteurs des deux formations. Un set solide et entraînant de trente minutes pour chacun de ces groupes.

Chris Evans est l’un des rares chanteurs hexagonaux à défendre sans relâche, depuis des décennies, les adaptations françaises créées et popularisées par Johnny Hallyday. Spécialement celles des albums “Johnny, reviens ! — Les rocks les plus terribles” (1964) et “Rock à Memphis” (1975).

Dans “Rock à Memphis”, les paroles de Long Chris et Michel Mallory sont un peu balourdes. Comme lorsque Serge Koolenn écrit pour Dick Rivers (3). Plus seventies, en fait, que les huit adapt’ hautement subtiles et félines de Manou Roblin et les trois textes de Ralph Bernet sur l’album “Les rocks les plus terribles” (4).

Pourtant, Long Chris sait être avec sa plume d’une extrême finesse. Entre autres nombreux exemples, “La génération perdue” (1966) et “Je suis né dans la rue” (1969), deux chansons chocs et symboliques.

Chapeau (Stetson) à Evans de revendiquer cet héritage des plus terribles. Chris ne semble pas très apprécié par les personnes qui ne veulent entendre la musique électrique éternelle de jeunes qu’en langue anglaise. Même quand elle est jouée par des Français.

Peut-être est-ce parce qu’il a un public plutôt populaire, un style plus yé-yé twist que rockabilly. En tout cas, l’accueil public ce soir est bon durant sa prestation.

Sur “Memphis Tennessee”, tout en anglais, son accent laisse à désirer. Il a bien raison de chanter surtout en français. Tony Marlow (guitare lead électrique), Gilles Tournon (contrebasse) et Stéphane Moufflier (batterie), qui l’accompagnent, reproduisent fidèlement le son Vince Taylor 1964.

Chris loupe le premier couplet d’“Un ancien teenager”, adapt’ chancelante par Lucky Blondo, un peu ringarde et ratée, de “A Mess of Blues” d’Elvis Presley par Lucky Blondo. Il se rattrape aux branches du refrain et des autres couplets.

Son set démarre réellement avec le troisième titre, “Un garçon sur la route”. Quelques nouveaux vers sont réécrits pour lui par Long Chris par rapport à son premier jet de 1975.

Deux nouvelles V.F. 2015 de Long Chris pour Evans : “La prison Folsom” (“Folsom Prison Blues” de Johnny Cash), “La robe rouge” (“High-Heel Sneakers”). Ah, cool, “Belle” (“Ready Teddy”), un des “Rocks les plus terribles” de Johnny.

Sur “Baby Blue”, là aussi c’est en anglais, mais on a droit à un moment magique. En effet, trois vieilles canailles du rockab’ Big Beat Records de la génération 1977, en pleine forme, ensemble sur scène : Chris Evans (chant lead), Tony “Rockin’ Rebels” Marlow (guitare, chœurs) et Alain “Alligators” Chennevière (chœurs).

Après “Say Mama” (“Il revient”) en V.O., Chris termine son set par “Nous quand on s’embrasse” (album “Salut les copains” de Johnny). Une chouette version adolescente de de “High School Confidential”, écrite par Jil & Jan et tout de même “osée” pour l’époque (1961).

Tony Marlow (guitare, chant), avec Gilles Tournon (contrebasse) et Stéphane Moufflier (batterie) ont un son rock’n’roll d’enfer. Qui fait claquer des doigts et taper du pied.

Le jeu de guitare de Tony a de multiples influences (Chet Atkins, etc.), principalement issues des années 1950 et du début des années 1960. Celles qui prédominent sont Scotty Moore (Elvis) et James Burton (période Ricky Nelson).

Ils interprètent notamment “Le garage” (aux paroles très BD, ambiance Frank Margerin), leur hymne “Rockabilly troubadour”.

Terrible est le morceau “Fifty Nine Club”, adressé au collectif de motards d’Île-de-France du même nom, tous présents dans la salle. Et dont Tony fait partie depuis des années. Une sorte de bande son (même si elle ne dure que quatre ou cinq minutes) d’une virée en motobylettes en bande. Tous avec un Perfecto et des bottes de rockers, sous un plein soleil.

Lorsqu’il chante en anglais (“Bird Doggin” avec Alain Chennevière aux chœurs, “Temptation Baby” de Gene Vincent), Tony est aussi bon qu’en français. Et l’attention du public ne se relâche pas.

Depuis janvier 2015, le trio joue parfois sous le nom K’Ptain Kidd pour des concerts où il reprend des standards de Johnny Kidd & The Pirates.

“Feelin’”, un CD de quatorze morceaux (dont “Shakin’All Over” en V.O. puis en V.F.), est récemment paru sur le label Rock Paradise. C’est l’un des albums les mieux enregistrés et plus percutants de la carrière de Tony Marlow (5).

Retour sur scène d’Alain Chennevière, dix mois pile poil après l’ultime concert avec son groupe les Stevensons (le 4 juin 2014 au Paris Paris). (6)

Constatation à chacune de ses prestations scéniques : la diction, le feeling et l’élocution d’Alain sont remarquables.

On peut affirmer, de manière raisonnée et lucide, qu’il est le chanteur français de rock’n’roll, rockab’, country, le plus doué vocalement et le plus charismatique — même si ce sont deux choses différentes. Avec le Johnny Hallyday de 1964 (“Les rocks les plus terribles”, Joey & The Showmen) et celui des concerts 1998/2015. Dans un autre style de rock mais avec une identique faim viscérale de chanter.

Exemple : lorsque Alain reprend “Baby Let’s Play House” (le 10 avril à la Galerie Laurent Mueller), il est au même niveau que la version studio 1955 de Elvis Presley accompagné par Scotty Moore (guitare) & Bill Black (contrebasse).

Alain envoie les paroles ou onomatopées simplement, avec son cœur, sans calcul stratégique. C’est le cas pour chacune des reprises qu’il interprète. Qu’elles soient prévues dans la set list ou indiquées aux musiciens par Alain quelques secondes avant qu’il ne les chante.

Avec Tony Marlow (guitare, chœurs), Gilles Tournon (contrebasse), Red Dennis (batterie), il reprend :

• “Cry Cry Cry” (Johnny Cash).

• “Blue Letters” (Les Alligators).

• “Domino” (un titre 50s).

• “Sittin’ on the Balcony” (Eddie Cochran).

• “A Teenager in Love” (Dion & The
Belmonts).

• “Stood Up” (Ricky Nelson).

• “I Need Your Love Tonight” (Elvis Presley).

• “Dactylo Rock”
(version beaucoup plus bath’ et électrisante que celle, rigide, des Chaussettes Noires).

• “Lotta Lovin’” (Gene Vincent & The Blue Caps).

Au rappel, il improvise un duo avec le Toulousain Viktor Huganet à la guitare, venu au départ en spectateur : “Johnny B. Goode” et “Sweet Little Rock’n’Roller”.

La set list du concert du 10 avril à la Galerie Laurent Mueller est comme une sorte de “best-of” des compos des Stevensons. Tous les morceaux d’Alain Chennevière créés avec les Stev’ sont de formidables chansons populaires, raffinées, élégantes, mélodiques, carrées et parfaites.

Au programme ce soir, dans l’ordre, interprétés par Alain (chant, guitare acoustique), Maxime Vaugon (guitare électrique) et Gilles Tournon (contrebasse) :

• “Dany”.

• “Johnny se cache”.

• “À petit feu”.

• “Deux petits vieux”.

• “Love Burger”.

• “Rapaces”.

• “Je rentre à la maison”.

• “Tous peur”.

• “Aux Lilas”.

• “Stevenson”.

• À nouveau “Dany”.

Plusieurs de ces titres (7) du répertoire original, personnel et en français d’Alain ont été composés entre 2010 et 2014 avec Hubert 06 au sein des Stevensons. Ce soir, ils sont interprétés avec des arrangements un peu différents. Tout en respectant la nature même de ces titres.

Maxime Vaugon y apporte sa griffe. Ce jeune guitariste (entre 25 et 30 ans), très bon, est dans la lignée musicale et mélodique du jeu de Hank Marvin (The Shadows). Avec un petit côté Philippe Almosnino ( 8 ) quand ce dernier interprète des sons country, des ballades, du rockab’ (9).

Dans sa relecture musicale, “Aux Lilas” bénéficie d’arrangements plus rugueux, zbouinebonguesques, dansants. “furieux” d’une certaine façon, tendance les rocks d’Elvis 1956 sans batterie.

“Love Burger” est un très bel hommage à son ami pianiste Jacky Guérard. Notamment (et sans tout dévoiler) via la phrase « (…) disparu sans laisser d’adresse / Comme Jacky et sa Mercedes ».

Le texte décrit avec pertinence l’ambiance électrique qu’il pouvait régner (pour les personnes qui ont vécu cela) de 2 à 4h du matin dans ce snack bar des années 1980, situé place de Clichy (Paris).

Nouveauté très touchante, jouée pour la première fois ce soir : “Je rentre à la maison”. Alain fait un bilan de son enfance jusqu'à aujourd'hui. Avec la nostalgie de ses jeunes années, lorsque sa fratrie/famille était unie et que ses parents étaient vivants.

A travers ce titre, il se place dans un retour impossible. Dans la tradition de chansons country d'Amérique : “Green Green Grass of Home”, “Snow in his Hair”, “Silver Haired Daddy of Mine”.

« Ceux qui me connaissent savent comment je suis : nostalgique… mélancolique »,
prévient-il en intro de “Je rentre…”. Avant de désamorcer : « Mais je sais aussi être drôle, n’est-ce pas ?! » (sourire complice adressé à des amis et amies à lui dans la salle, comme Petit Piment Ayélé du tandem Pepper Island).

Après le set “officiel” d’Alain Chennevière, qui se déroule de 20h35 à 21h35 : diverses reprises (“Proud Mary”, “The Green Leaves of Summer” ou encore “Help!”, un succès pop music de The Beatles) et des compositions orignales par le trio John & Betty, et le duo Pepper Island. Sur plusieurs titres : Alain Chennevière au co-chant lead, ou en tant que choriste de luxe.

Puis reprise de la scène par le trio Chennevière, Vaugon et Tournon pour quatre reprises improvisées : “Give my Love to Rose”, “Baby Let’s Play House”, “Long Tall Sally”, “Johnny B. Goode”. En ultime chanson à 22h15 : “Run On” par Alain a cappella et en solo.

François Guibert

(14 avril 2015)

(1) : Alain Chennevière, Tony Marlow et le Club 59 (association de motards) ont organisé le concert “Rockin’ for Ervin” du 4 avril à St-Ouen. Les 1 000 euros récoltés iront directement à l’association qui aide Ervin Travis. Lorsqu’il se produit sur scène, ce chanteur interprète notamment des titres de Gene Vincent. Il est atteint de la maladie de Lyme ( http://www.facebook.com/lyme.solidarite.ervintravis ). Pour cette raison, il ne peut être présent ce soir au Piccolo.

(2) : dont fait le chanteur-guitariste de The Atomics. Ce dernier était d’ailleurs présent dans le public du concert de Viktor Huganet la veille, vendredi 3 avril, à la Boule Noire (Paris).

(3) : “Roule pas sur le Rivers, “Y’en a marre de ce western”, “Je cherche la ville du rock’n’roll”, “Cinderella”, etc.

(4) : à ce sujet, lorsqu’il est interviewé à propos de Johnny Hallyday, le journaliste François Jouffa cite d’abord et avant tout “Rock à Memphis” comme disque phare. Un choix incompréhensible. C’est “Johnny, reviens ! — Les rocks les plus terribles”, le disque ultime de référence de Hallyday. Beaucoup plus que “Rock à Memphis”.

(5) : avec “Rockabilly troubadour” (2013), “Knock Out !” (2009), “Laisse les filles” (Betty & The Bops, 2002). Et les chansons bop swing’n’roll en français des Rockin’ Rebels (réédition CD “Branche le poste !”, 2003).

(6) : Il y avait toutefois eu, le 13 décembre dernier au magasin Rock Paradise (Paris), un showcase improvisé d’une demi-heure d’Alain (chant, guitare). Hubert “The Hub” 06, des Stevensons, l’accompagnait à la guitare acoustique et aux chœurs. C’était dans le cadre du vernissage de l’exposition des linogravures et aquarelles d’Alain Chennevière.

(7) : hormis “Dany”, nom d’une personne sans domicile fixe qu’Alain voyait (malgré lui) régulièrement lorsqu’il habitait rue Montorgueil (Paris) il y a deux ou trois décennies. Une chanson écrite il y a au minimum sept ou huit ans.

( 8 ) : guitariste des Wampas depuis 1992. Il a accompagné Johnny Hallyday sur les plateaux de tévé à l’automne-hiver 2014/2015.

(9) : par exemple, au sein de Rockspell en 2007/2009, groupe anglophone d’Alain Chennevière, ou en rare tandem avec Alexis Mazzoleni.


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