VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

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VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Lun 2 Déc - 23:32




VIKTOR HUGANET

en concert le mercredi 18 décembre 2013 à LA BOULE NOIRE (Paris).

Places de 9,80 € (tarif adhérents Fnac) à 14, 80 €.
http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Pop-rock-Folk-VIKTOR-HUGANET-BN18D.htm

Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.


Nouveau vidéoclip "VIVRE SANS ELLE" (2013) :
http://www.youtube.com/watch?v=512eaf-wbL4


Reprise live de "LAISSE LES FILLES" (de Johnny Hallyday, en 2010) :
http://www.youtube.com/watch?v=x6N-VJVGUZ0





Dernière édition par GUIBERT FRANCOIS le Sam 18 Avr - 15:18, édité 2 fois

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Re: VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 17 Déc - 17:37




http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Pop-rock-Folk-VIKTOR-HUGANET-BN18D.htm


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Re: VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 14 Jan - 1:16







• Nouvelle page spéciale 100 % inédite


« Compte rendu détaillé du concert

de VIKTOR HUGANET (“BUSCA BOOGIE”)
le 18 décembre 2013 à LA BOULE NOIRE (Paris) »


sur ce lien (à copier-coller) :
http://lachanteusemariefrance.fr.gd/VIKTOR-HUGANET--k1--g-BUSCA-BOOGIE-g--k2--le-18-decembre-2013-a-LA-BOULE-NOIRE--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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VIKTOR HUGANET



(+ invité : MARSHALL CRENSHAW)



le mercredi 18 décembre 2013 


à LA BOULE NOIRE (Paris) :




Le Toulousain Viktor Huganet viendrait de l’Amérique 
ou de l’Angleterre, il aurait droit aux couvertures de tous 
les journaux rock de France. Ce gars-là est un phénomène. Déjà, son look est terrible. À ses débuts, 
à travers les visuels que l’on pouvait voir de lui (1), 
il était beaucoup inspiré par le Brian Setzer vitaminé 
du début des années 1980.





En 2013/2014, c’est beaucoup moins le cas. Avec intelligence et logique, il se détache de l’imagerie de son mentor blond bananos d’Amérique. Il développe ainsi désormais encore plus sa personnalité et son propre style. C’est ce que l’on constate ce soir à La Boule Noire, 
au niveau visuel et musical.





Il fait son chemin tout seul. Par la force des choses, résidant dans la Ville Rose, il ne bénéficie pas a priori de la connexion rock’n’roll parisienne (médias, musiciens, associations, spectateurs habitués à ce style musical). 
Ce qui est à la fois un avantage et un inconvénient. 
Et/mais qui peut être payant sur le long terme.





Au-delà de ses photos de rocker aussi flashantes que celles du Jean-Philippe Smet 1960 (période Vogue) ou 1964 (“Les rocks les plus terribles”), il y a sa musique, son jeu de guitare, sa voix, son charisme scénique. Cela fait 
déjà plusieurs années qu’il se produit en concert. 
Pour l’instant, faute d’album correctement distribué, 
sa notoriété n’a pas dépassé la sphère des dingofans 
de la musique des années 1950.





Il y a bien le CD “Comeback Train” (2007, ressorti en digital en 2013), en écoute sur l’internet (Spotify, Deezer) mais introuvable dans les magasins non virtuels. Sur ce disque, il chante uniquement en anglais, avec toutefois 
un accent impeccable.





Pour toutes ces raisons, on attend avec impatience le futur album, à paraître en 2014 sur son label Viktory Musik. On sait déjà qu’il y aura ses propres compositions en français qu’il chante ce soir à La Boule Noire, ainsi qu’une reprise de “Laisse les filles” de Johnny Hallyday.





Des connaisseurs de la flamme électrique éternelle sont dans la salle pour le soutenir. Il y a Jean-William Thoury, Frank Margerin, le photographe Jean-Louis Rancurel (venu en voisin de la rue des Martyrs et qui d’ailleurs prendra des photos avec soin et intérêt durant tout le concert), Andras Mitchell (contrebassiste qui a joué avec Tony Marlow, entre autres) ou Jean-Jacques Bonnet (ancien batteur des Rockin’ Rebels).





Le set démarre à 21h. “Vivre sans elle”, son nouveau single numérique, doté d’un magnifique vidéoclip nickel (visible sur YouTube), est diffusé dans la sonorisation. Viktor ne jouera d’ailleurs pas au cours de son set en live ce formidable titre, et c’est dommage. 



Ce morceau est un exemple de plus que le français est, beaucoup plus que l’anglais, la langue parfaite pour chanter du rock’n’roll lorsqu’on est Français (2). 
Que l’on soit artiste soi-même, ou que l’on soit 
un auditeur/spectateur de disques et de concerts 
d’artistes ou groupes d’ici.





Deux compositions très rentre-dedans et dynamiques 
du Viktor, aux paroles en français (première chanson) 
et en anglais, ouvrent le set. Le son est actuel, le tempo enthousiaste et carré, avec une guitare rythmique ska 
sur le deuxième titre. Le tout étant sous forte influence 
des années 1950, avec la vision d’un jeune Français 
du vingt-et-unième siècle.





Parmi ses autres nouveaux morceaux emballants, joués ce soir à La Boule Noire et qui seront sur son album “Busca Boogie”, il y a plusieurs autres créations réussies, et cette fois en français. D’abord “Dans la peau”, rock nerveux 
et tendu. 



Puis “Quand tu poses ta main sur son épaule”, un swing bop’n’roll effréné. Le saxophoniste Didier Marty intervient en guest sur ce morceau, apportant une jive’n’jump touch, ainsi que sur un morceau tribal, parlant de jungle et d’animaux sauvages. L’ambiance vaudou rock de ce titre fait penser à “Stranded In The Jungle” (New York Dolls), “King Of Bongo” (Mano Negra) ou “Crawfish”.





Viktor Huganet est un très bon chanteur de rock. Et il sait mettre en valeur son jeu de guitares, brillant, rageur, ultra électrique. Sans non plus que ses sons de six-cordes prennent toute la place dans ses morceaux et empiètent sur sa voix.





Au cours de ce set d’une heure vingt-cinq, Viktor 
fait honneur aux rockers originels francophones. 
À sa manière, c’est-à-dire, avec respect tout en y mettant 
sa propre griffe vocale et guitaristique. Il interprète ainsi “Comme un fou” de Johnny Hallyday 1975 (paroles de Michel Mallory à partir de “Stuck On You” d’Elvis).





Gros morceau, il reprend “Je suis comme ça” de Moustique, avec d’ailleurs Didier Marty qui envoie de supers sons et un solo de saxophone. Reprendre cette adaptation de “My Way” (Eddie Cochran) créée par l’idole des blousons noirs des années 1960 est une super idée. Car le rocker titi puriste de la Bastoche des années 1960 est, de nos jours, quasi-ignoré par les groupes actuels. Il n’est jamais cité parmi les références 
des jeunes qui font de la musique aujourd’hui (3).





Emmanuel Panier (contrebasse) et Alain Neau (piano, 
et sur quelques morceaux à la seconde guitare électrique) accompagnent Viktor. Prévenu une semaine avant le concert, Jean “Jeango” Alfred (lui aussi de Toulouse) remplace au quasi-pied levé Xavier Dutrouilh à la batterie, en raison d’un problème de santé de ce dernier. 



Elsa Pérusin, choriste, assure toutes ses parties vocales (sur tel refrain, etc.). Elle n’intervient pas sur tous 
les morceaux mais n’ose pas se lâcher complètement 
ou s’imposer pleinement. De façon indéniable, elle amène une intéressante touche vocale féminine. Ainsi que sur le plan scénique, dans la façon dont est constitué le groupe.





Tels des Johnny Thunders & Patti Palladin jouvenceaux, Viktor et Elsa chantent “Crawfish” d’Elvis Presley (en anglais). Hug’ chante “Money Honey”, très proche de la version 1956 du King (avec le son du piano d’Alain Neau), ainsi que “My Baby Left Me”. Il rock’n’rollise un morceau des Beatles « première période » (dixit VH) : 
“I’ll Cry Instead”.





Trois moments sont “en trop” lors de ce concert. Il y a deux rocks actuels hyper speed et irritants, placés en avant-derniers morceaux du set. Et surtout “Sleepwalk”, au milieu du set. Ah, “Sleepwalk” ! Même Brian Setzer, lors de ses concerts à Paris (et sans doute ailleurs), persiste à jouer ce machin sans colonne vertébrale musicale.



Cet instrumental-calvaire est atroce, lent, interminable, pénible, axé 100 % technique et 0 % émotion, quel que soit le musicien leader qui l’interprète. On s’ennuie 
en subissant cet alter ego de “Europa” (Santana) — 
dans le sens où il procure autant de souffrances auditives. 
Il faudrait pouvoir l’ôter à tout jamais de l’inconscient collectif des rockabilly men.





En solo, guitare à la main, assis sur un tabouret, 
il reprend de façon simple, belle et sans prétention “Lonesome Town” de Ricky Nelson 
en français. « C’est pour ceux qui ont eu le cœur brisé », précise-t-il en intro et en souriant. Les paroles 
sont celles de Pierre Delanoë, créées par Françoise Hardy 
(“La rue des cœurs perdus”) en 1968 (et par Richard Anthony en 1959, précision de Jean-William Thoury).





Dans la foulée, avec de nouveau son groupe, mais toujours dans la même ambiance délicatement feutrée et intimiste, il chante “Like Strangers” (Everly Brothers) et “Young Dreams” (Elvis Presley).





« À présent, on va vous présenter quelqu’un d’autre qui 
est très important pour moi. Vous l’avez peut-être vu dans 
le film “La Bamba” dans les années 80. C’est une grande star aux Etats-Unis. Je vous demande de faire un triomphe, s’il vous plaît, à mister Marshall Crenshaw ! »





« Thank you very much! It’s so good to be here », répond 
le monsieur Marshall d’Amérique. Il chante et joue avec Viktor et son groupe un “Got A Lot’O Livin To Do”(Elvis Presley) enjoué et euphorique. « It’s lovely lovely lovely to be here! It’s“fantastique”. » Il chante un de ses succès pop des années 1980, “Someday, Someway”, là aussi avec Viktor (ce dernier interprète en français le deuxième couplet). En clin d’œil à son rôle de Buddy Holly dans 
le film “La Bamba”, il joue d’une jolie façon “Crying, Waiting, Hoping” aussi bien vocalement que sur la bande originale de ce film.





« On va faire maintenant un petit medley de chansons 
de quelqu’un qui a changé ma vie : Eddie Cochran ! »

Avec ses acolytes et de nouveau Didier Marty au sax, Viktor chante “Teenage Heaven”, “My Way” 
dans sa version poulbot française (“Je suis comme ça”, Moustique, lire ci-dessus) et un dévastateur “Jeannie, Jeannie, Jeannie”. Avec un son entre Stray Cats 
et Eddie Cochran.





22h20, un bon vieux classique des familles pour saluer l’assistance : “Johnny B. Goode” de Chuck Berry en version originale, façon bonne franquette, avec son groupe, Didier Marty et Marshall Crenshaw. La prochaine fois qu’il passera en concert à Paris, il faudra qu’il chante le texte français écrit en 1964 par Manou Roblin pour Hallyday, ça serait génial.





Viktor Huganet est un très sérieux espoir du rock’n’roll d’ici, nouvelle génération. Forcément, à un moment, entre lui et le public français, il va y avoir un déclic. Quelque chose d’important et de fédérateur concernant ses chansons, ses concerts et sa musique. Ce futur album “Busca Boogie” pourrait en être le déclencheur.



François Guibert


(12 janvier 2014)









(1) : dans le journal Juke-Box Magazine, 
ou les vidéos live non officielles sur internet.





(2) : autre exemple discographique récent, l’album “Rockabilly Troubadour” de Tony Marlow,
paru chez Rock Paradise. Une page spéciale consacrée 
à ce CD sera en ligne ce mois-ci.





(3) : Moustique mériterait de laisser tomber la vente 
de ses statuettes africaines place d’Aligre (Paris 12e) 
pour enfin enflammer les scènes de France et de Navarre. 
En étant accompagné par de supers musiciens rock’n’roll. Surtout pas un orchestre balochard variété, non, 
un vrai groupe.



C’est quand même dingue, la façon dont les personnes comme Moustique, Vic Laurens, Long Chris, Joey 
& The Showmen et bien d’autres de cette époque-là vivotent dans le circuit fermé des organisateurs du sérail “public 3e âge”. Pourquoi tous ces real rockers des sixties, pionniers, n’ont-ils pas l’occasion de donner des concerts dans de vraies salles de concert de rock “actuel”, comme n’importe quel jeune groupe ?



En plus, en les faisant jouer au Petit Journal Montparnasse (exemple au hasard), aucun jeune n’a, 
de façon bien légitime, envie d’aller dans cette salle 
(qu’ils ne connaissent et ne fréquentent guère, à juste titre) à l’atmosphère jazzy et ronronnante. “Les jeunes” ont une vision un peu ringarde de ces vrais rockers.



Déjà que Dick Rivers 2011/2014, alors qu’il joue dans des salles hypers pros avec un show (“Mister D Tour”) et un groupe (mené par Oli Le Baron) du tonnerre, qui sonne hyper sauvage, il y a très peu de jeunes dans le public.



Pourtant, il suffirait de pas grand-chose pour que les jeunes et, disons, les personnes de moins de 60 ans, 
qui ne connaîtraient pas en détail les noms, la carrière, 
les chansons de ces rockers franco-français early 60s 
s’y intéressent. Et que ceux-ci ramènent des centaines voire milliers de personnes à leurs spectacles (cf. les chanteurs de“Stars 80”, dans un autre style de chanson, qui remplissent les Zénith de France, Bercy, etc.).



À sa façon, dès qu’il est sur scène, Moustique peut rivaliser avec Johnny Hallyday 2013/2014. Ils n’ont pas la même façon de chanter mais c’est la même énergie, ainsi qu’un talent identique pour le rock’n’roll dès qu’ils sont sur les planches.



Il faut juste fournir à Moustique un groupe implacable et solide musicalement. Et qu’un vrai manager professionnel gère sa carrière. Un peu plus de rigueur aussi dans son organisation à lui en dehors de la scène.



Et voilà, après, si on lui donne tout ça, il peut faire réagir par exemple dix-sept mille spectateurs qui se trouveraient dans Bercy. À l’instar de Vigon qui, depuis son retour médiatique via “The Voice”, connaît désormais un vrai succès populaire.


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Re: VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

Message  GUIBERT FRANCOIS le Sam 18 Avr - 15:19





Nouvelle page spéciale


« Compte rendu détaillé du concert “Busca Boogie” de VIKTOR HUGANET

le 3 avril 2015 à LA BOULE NOIRE (Paris) »


sur ce lien à copier-coller :http://lachanteusemariefrance.fr.gd/VIKTOR-HUGANET--k1--g-Busca-Boogie-g--k2--le-3-avril-2015-a-LA-BOULE-NOIRE--k1-Paris-k2---d--compte-rendu-.-.htm





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VIKTOR HUGANET

Concert électrique de présentation
de l’album “BUSCA BOOGIE”

Vendredi 3 avril 2015
à LA BOULE NOIRE (Paris) :


Tel un Christophe Maé du rock’n’roll d’ici, Viktor Huganet jouera un rôle capital dans le paysage musical populaire en France durant la décennie actuelle et celles qui suivront. Ce soir à la Boule Noire, il présente en live plusieurs titres de son nouvel album, “Busca Boogie”.

Son groupe de Toulouse (ville dont Viktor est originaire) l’accompagne au grand complet : Emmanuel Panier (basse ou contrebasse selon les titres), Alain Neau (claviers, parfois à la guitare acoustique) et Jeango Alfred (batterie).

Bonus spécial Boule Noire : vieux routier de la scène (actuellement membre de Vigon & The Dominos, entre autres), le saxophoniste parisien Didier Marty, qui joue aussi sur le disque.

Elsa Pérusin apporte un vrai plus au concert, avec son look simple et élégant de pin-up tendance années 1950, et d’abord en tant que choriste féminine.

Elle apparaît à partir de la quatrième chanson, le bop’n’roll “Barre-toi”. Un texte amusant, option “t’are ta gueule”, paré pour la castagne façon “Dégage” (de Long Chris pour Johnny). Il est écrit avec humour par Viktor pour lui-même sur une musique de Jacky Chalard.

Viktor et Elsa interprètent aussi en quasi-duo, sous forme de jeu vocal masculin/féminin : “Only The Lonely”, “Crawfish” (1), “Like Strangers” et “Lesson Number One”.

Pour les prochaines dates de Viktor avec son groupe (en dehors des showcases en solo dans les magasins Cultura), il faudra affiner l’ordre des chansons. Afin que le concert soit ressenti du début à la fin par les spectateurs comme un (positif) uppercut scotchant et implacable.

Il faut ainsi réduire quelque peu la durée (vingt minutes) de la session acoustique. Par exemple en enlevant deux chansons parmi celles en anglais (surtout pas la reprise de Richard Anthony/Françoise Hardy), sur les six jouées ce soir : “Crazy”, “Rue des cœurs perdus” (V.F. sixties du “Lonesone Town” de Ricky Nelson), “Like Strangers” (popularisée notamment par les Everly Brothers), “Lesson Number One”, “Wedding Bells”, “Young Dreams”.

Six ballades ou morceaux tendres d’affilée font que l’attention des spectateurs se relâche au moment où ces morceaux sont interprétés. Même si ce sont des standards.

L’idéal serait d’y intercaler un ou deux titres sautillants, mordants. Tout en gommant sensiblement l’aspect “répétition publique entre copains” (notamment lors de l’accordage/réglage d’une guitare durant une bonne minute). Même si cet état d’esprit partageur part d’une louable intention vis-à-vis des spectateurs.

Dommage aussi que l’original “Viens dans mes bras” ou la reprise huganienne de “Laisse les filles” ne soient finalement pas joués (ceux-ci figurant sur la liste de morceaux pouvant être interprétés ce soir). Alors que ces deux titres ont plus que leur place dans ce concert. Et peuvent être des moments forts du set.

Ceci étant écrit, il faut saluer la réussite globale de ce concert. Viktor maîtrise parfaitement d’un point de vue technique les guitares qu’il utilise d’une chanson à l’autre. Et à travers celles-ci, ses solos ou son jeu de guitare rythmique, il communique de supers sensations électriques au public.

Il se comporte de manière chaleureuse, spontanée, avenante vis-à-vis des spectacteurs (y compris après le concert) et de ses amis musiciens.

Enfin, comme en témoigne son CD “Busca Boogie”, il a un phrasé vocal bien à lui, haché, nerveux, hargneux (“La voix de James Dean”) ou apaisé (sublime “Rue des cœurs perdus” toute en simplicité).

En ouverture, mené par le sax Didier Marty, le groupe joue l’instrumental jive rhythm’n’blues tranquillos “Night Train”. Viktor fait son entrée en scène avec le formidable rock punchy “Vivre sans elle”, sous forte influence “I Feel So Good (I Wanna Boogie)” de Magic Sam.

Plusieurs autres morceaux du nouvel album sont joués avec enthousiasme et réussite : “Barre-toi” donc, “Je suis comme ça”, “Le bar de la jungle”, “La voix de James Dean”, “Rue des cœurs perdus”.

En prime : “So Glad You’re Mine”, d’Elvis Presley. “Comme un fou”, texte de Long Chris pour Hallyday sur l’album “Rock à Memphis” (1975), à partir de “Stuck On You” d’Elvis.

Deux Roy Orbison : un “Pretty Woman” plus réussi et abouti que “Only the Lonely”. À la décharge de Viktor, un chef-d’œuvre impossible à faire de manière aussi foudroyante que son créateur Roy — seul Chris Isaak arrive à égaler vocalement ce dernier sur ce monument pop.

Clin d’œil à Eddie Cochran, l’une de ses méga idoles : “Something Else” et “Jeannie Jeannie Jeannie” en V.O.

Du Gene Vincent en clôture du set : le peu connu (hormis des spécialistes) “Pink Thunderbird” et “Hold Me, Hug Me, Rock Me”. Ce dernier titre est interprété avec le contrebassiste Didier Tireau. Cet ex-TeenKats, dont Viktor avait le poster dans sa chambre d’adolescent, est membre du groupe de Victoria Crown, qui a fait la première partie ce soir.

Dès son premier album “Come Back Train” (2007, chez Big Beat Records, réédité en 2014 par Viktory Musik), le professionnalisme, le jeu de guitare, le talent vocal et musical de Viktor sont là. Toutefois, il manque comme une chaleur dans le son. Et aussi bon que soit ce disque, le fait que tout soit en anglais et qu’il s’agisse uniquement de reprises cantonne quasi d’office Viktor à la sphère rockabilly pure et dure.

Avec “Busca Boogie”, Viktor a sorti l’album idéal, que l’on attendait de lui depuis son premier concert à la Boule Noire, le 18 décembre 2013. Il ne chante ici qu’en français. Cela lui permettra de toucher un auditoire beaucoup plus large et populaire, quitte à perdre quelques adeptes de “Come Back Train”. Tout en proposant, d’un point de vue musical, onze chansons éminemment rock’n’roll.

Il s’émancipe aussi de l’influence de Brian Setzer. Les paroles de “Brian, Jim’n’Lee” (Setzer, Phantom & Rocker) sont justement là pour dire qu’il n’est pas ce qui lui est de moins en moins reproché : « Ce type aux cheveux blonds m’a donné l’envie d’être ce que je suis / J’ai chanté ses morceaux au risque d’être pris pour un sosie / Comme moi, ils étaient fan de Gene et Eddie / S’inspiraient d’Elvis, Buddy et Carl Perkins. »

Et justement, à travers cette chanson, il rend un très bel hommage de fan aux Stray Cats. Il continue de les vénérer au même titre que Gene Vincent, Elvis, Eddie Cochran et les autres. On y entend d’ailleurs un solo calqué volontairement sur un solo de Setzer dans la chanson “Gene & Eddie” (1989) des Stray Cats. Sauf que, désormais, il a trouvé sa propre voie musicale.

Constatation à propos du rock français actuel, normal, sérieux, crédible, inattaquable, notamment les groupes inspirés de Noir Désir (Eiffel, par exemple) mais aussi, hélas, ceux de la mouvance post-Mano Negra.

Eh bien, sauf rares exceptions, les groupes d’ici ne se rendent pas compte de l’apport essentiel et constructif de Johnny Hallyday à la musique électrique française. Viktor, lui, est conscient de cet héritage culturel. Il célèbre Jean-Philippe Smet à travers une version épatante et dévastatrice de “Laisse les filles”.

Chose assez incroyable pour un jeune (27 ans), il reprend un titre de Moustique, “Je suis comme ça” (adaptation “My Way” d’Eddie Cochran).

Moustique ! Il n’est jamais évoqué dans les médias, y compris spécialisés. Pourtant bien vivant en 2015 du côté de la Bastille, affairé place d’Aligre autour d’improbables statuettes africaines, il ne se produit jamais sur scène (hormis une fois par hasard, au rappel d’un concert d’Alain Chennevière le 19 février 2013 à L’Angora, Paris 11e). Alors qu’il se transfigure en bête de scène à la Johnny ou Vigon dès qu’il chante devant un public avec des musiciens.

Et là, le Viktor qui le remet à l’honneur à travers ses versions live et studio de “Je suis comme ça”. Aussi réussies que celle sur 45 tours Barclay 1963 du titi rocker sixties de la Bastoche, à la carrière foutraque et désorganisée depuis plus de cinq décennies. Mais qui possède toujours un talent pur et immense.

Fraîcheur, insouciance, liberté, fureur de vivre, joie de jouer et chanter en français du rock’n’roll : spontanément, sans chercher à copier ou imitier, “Busca Boogie” contient nombre d’émotions de vie dynamiques que l’on retrouve dans d’immortels disques rebelles hexagonaux. Par exemple, “Les rocks les plus terribles” (1964) de Johnny Hallyday, l’intégrale des Chats Sauvages, les chansons de Ronnie Bird ou des Vautours, le CD “Simple et tendre” (1993) des Wampas, parmi tant d’autres. Ou encore les albums de Bijou 1977/1981, et “39 de fièvre” de Marie France.

D’ailleurs, à noter que Paul Scemama, ingénieur du son du groupe de Vincent Palmer, Philippe Dauga, Dynamite Yan & Jean-William Thoury, a masterisé le CD de Viktor (au studio Belleville, à Paris).

Ayumu Matsuo est le fidèle complice de Viktor en matière de régie son, technique, etc., depuis au moins “Come Back Train” (voire avant). Assisté par Jean-Michel Cros et Viktor, il a supervisé l’enregistrement et le mixage de “Busca boogie”.

Il réalise ici un travail admirable, rendant pleinement justice à la voix de Viktor, aux instruments utilisés. Tout est parfaitement mis en valeur, à la manière d’un Jean-William Thoury sur les disques de Bijou.

En chantant des originaux et reprises uniquement en français sur ce disque, Viktor fait le bon choix artistique et linguistique. Pour l’avenir, notamment ses prochains disques, il faut que Viktor continue à suivre uniquement son instinct et ses envies. Comme c’est le cas sur ce fantastique album “Busca Boogie”.

François Guibert

(17 avril 2015)

(1) : “Crawfish” par Viktor et Elsa, tels Johnny Thunders & Patti Palladin 1988 sur “Copy Cats”, un impeccable album rock’n’roll rhythm’n’blues de reprises. Un peu le disque que Patrick Eudeline pourrait rêver d’enregistrer.



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Re: VIKTOR HUGANET 03/04/2015 Boule Noire : compte rendu

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